Journées mondiales contre la douleur : à Colmar et Agen, comprendre la douleur chronique pour mieux la vivre

Octobre est le mois des Journées mondiales contre la douleur, et plusieurs hôpitaux en ont profité cette année pour ouvrir le débat au grand public : à Colmar comme à Agen, le message est le même, la douleur chronique se comprend avant de se traiter.

En bref
• Les Hôpitaux civils de Colmar ont organisé trois soirées de conférences gratuites, les 1er, 8 et 15 octobre 2026.
• Le 15 octobre, la clinique Esquirol Saint-Hilaire d’Agen a proposé une matinée d’information avec une infirmière douleur, un éducateur en activité physique adaptée et une sophrologue.
• Selon la SFETD, la douleur concerne près de 12 millions de Français, et moins de 3 % des personnes concernées sont suivies dans une structure spécialisée.

Que se passe-t-il pendant ces Journées mondiales contre la douleur ? #

Il ne s’agit pas d’une campagne nationale unique, mais d’une série d’initiatives locales portées par les comités de lutte contre la douleur (CLUD) des établissements de santé. Chacun choisit son format : conférences, stands, consultations d’information, échanges avec les soignants.

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Le principe reste de sortir la douleur des cabinets pour en parler ouvertement. C’est un enjeu de taille : la Société française d’étude et de traitement de la douleur rappelle que la douleur concerne près de 12 millions de Français, soit plus de 20 % de la population, alors que moins de 3 % des patients sont pris en charge dans une structure spécialisée.

Colmar : trois soirées pour aborder la douleur sous tous ses angles #

Le CLUD des Hôpitaux civils de Colmar, présidé par le Dr Eric Pelus, a programmé trois rendez-vous à la salle des Catherinettes, ouverts aux professionnels comme au grand public, en accès libre et sans réservation, selon le programme publié par l’hôpital.

Le 1er octobre : les douleurs après une opération

La première soirée portait sur le plasma riche en plaquettes (PRP) et la prévention des douleurs neuropathiques après une chirurgie. Un neurochirurgien des Hôpitaux universitaires de Strasbourg y présentait l’essai clinique NeuroPRF, mené dans la chirurgie de la hernie discale. Il s’agit d’une étude en cours : aucun résultat n’est encore annoncé.

Le 8 octobre : douleur et santé mentale

La deuxième soirée s’intéressait aux liens entre douleur et vécu psychologique. Une chercheuse du CNRS à Strasbourg y abordait les douleurs pelviennes chroniques, qui touchent selon le programme entre 15 et 20 % des femmes, et la place de l’activité physique adaptée dans leur prise en charge.

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Le chef du pôle psychiatrie de l’hôpital interrogeait de son côté la manière dont les médecins entendent la plainte douloureuse. Un rappel utile : une douleur qui dure n’est jamais « seulement » physique, ni « seulement » dans la tête.

Le 15 octobre : la « matrice » de la douleur

La dernière soirée accueillait le Pr Luis Garcia-Larrea, président de la Fédération européenne de la douleur (EFIC) et chercheur au Centre de recherche en neurosciences de Lyon. Son propos : la douleur résulte de l’activation coordonnée de plusieurs zones cérébrales, modulée par les attentes, les souvenirs et les croyances de chacun.

Agen : une matinée pour poser ses questions #

Le même jour, la clinique Esquirol Saint-Hilaire d’Agen a ouvert son hall des consultations de 9 h à midi, avec l’association « Prends ta douleur en main ». Les visiteurs pouvaient échanger avec une infirmière spécialisée, un éducateur en activité physique adaptée et une sophrologue.

La formule de la clinique résume l’esprit de ces journées : « mieux comprendre sa douleur, c’est déjà commencer à mieux la prendre en charge ».

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Ce que ces journées disent à ceux qui ont mal au quotidien #

Lombalgie qui revient, cervicales tendues, douleurs pelviennes après une grossesse : pour qui vit avec une douleur installée, les thèmes choisis à Colmar et Agen envoient un message clair. La douleur a plusieurs composantes et se prend en charge à plusieurs.

Le mouvement revient dans tous les programmes. L’activité physique adaptée était présente à Colmar comme à Agen. Le programme de Colmar souligne ses bénéfices dans de nombreuses douleurs chroniques ; le rythme et le type d’exercice se décident avec son médecin ou son kinésithérapeute.

Autre idée forte : la peur et le stress entretiennent la douleur. Comprendre ce qui se passe, être écouté, savoir à qui s’adresser, cela compte autant que le geste technique.

Quand consulter un médecin ?

L’ostéopathie peut accompagner certaines douleurs, mais elle ne remplace pas un diagnostic médical. Une douleur qui dure plus de quelques semaines, qui réveille la nuit, qui s’accompagne de fièvre, de perte de poids ou de troubles neurologiques doit d’abord être vue par le médecin traitant. Celui-ci peut orienter, si besoin, vers une structure spécialisée dans la douleur.

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Questions fréquentes #

Les conférences de Colmar étaient-elles payantes ?

Non. Le programme des Hôpitaux civils de Colmar précise que l’accès était libre et sans réservation, pour les professionnels comme pour le grand public.

Combien de Français sont concernés par la douleur ?

La SFETD avance le chiffre de près de 12 millions de personnes, soit plus de 20 % de la population.

Le PRP est-il un traitement validé contre la douleur après une hernie discale ?

Pas à ce stade. L’essai NeuroPRF présenté à Colmar est en cours, et ses résultats ne sont pas encore connus.

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